La rue des Lombards, dans le 1er arrondissement de Paris, réunit sur une centaine de mètres trois clubs de jazz encore en activité en octobre 2026 : le Sunset-Sunside au 60, le Baiser Salé au 58 et le Duc des Lombards au 42. Les trois s’y sont installés au début des années 1980 et chacun a gardé une couleur propre. Voici leur histoire telle que les clubs et l’office de tourisme régional la racontent, leurs adresses vérifiées sur leurs sites officiels, et ce qu’un amateur de jazz vocal peut y trouver.
Pourquoi trois clubs dans la même rue ?
Les trois adresses sont nées à quelques mois d’écart. Le Baiser Salé date précisément son arrivée : « C’est en mars 1983 que les Gibson’s Brothers investissent le 58, rue des Lombards », écrit le club sur son site. Le Sunset fonctionne lui aussi « depuis 1983 » selon la fiche de Visit Paris Region, qui le présente comme l’héritier des clubs disparus de la rive gauche. Le Duc des Lombards suit en 1984, d’après la même source, qui ajoute que la petite rue « est devenue une artère majeure du jazz parisien ».
La concentration a un avantage concret pour le public : on peut comparer les affiches des trois clubs le même soir et passer de l’un à l’autre à pied en deux minutes. Les sites ne disent rien, en revanche, d’une programmation concertée entre eux.
Retenez la chronologie : Baiser Salé et Sunset en 1983, Duc des Lombards en 1984.
Le Duc des Lombards : le club d’écoute
Le Duc raconte lui-même ses débuts sur sa page « Le lieu, le projet » : au début des années 1980, c’était « un petit bar appelé le « Bar de l’Etoile » où trônait un piano droit sous l’escalier », et le pianiste Bobby Few fut le premier Américain à y jouer. Le décor actuel est signé du designer américain Elliot Barnes. Le club revendique « plus de 300 concerts chaque année ».
Le format est celui d’une salle où l’on vient écouter : deux séries par soir, à 19 h 30 et 22 h, du lundi au samedi, selon la même page. Le site annonce aussi des jams en entrée libre en fin de soirée le vendredi et le samedi. Le club affiche un partenariat avec la radio TSF Jazz, et Visit Paris Region précise que sa programmation est confiée à Sébastien Vidal, « qui officie aussi sur l’antenne de TSF Jazz ». La même fiche résume l’éventail : « du free-jazz au hard bop en passant par le gypsy ».
Côté voix, l’agenda d’octobre 2026 donne deux exemples. Dida Pelled, présentée comme « chanteuse et guitariste installée à Brooklyn », y joue le 15 octobre avec Aaron Goldberg au piano (fiche du concert). Jesse Harris, crédité « guitare & voix », compositeur de « Don’t Know Why » pour Norah Jones, y est en résidence le 24 octobre (fiche du concert).
Choisissez le Duc pour un concert assis, à l’heure, avec une affiche souvent internationale.
Le Sunset-Sunside : deux salles, deux climats
Le site du club tient en une ligne sur ce point : « 2 salles : Sunset et Sunside », au 60 rue des Lombards (site officiel). La différence est décrite par Visit Paris Region. Au rez-de-chaussée, le Sunside « met en avant le jazz acoustique et les différents courants actuels ». En bas, le Sunset, cave voûtée et carrelée, « mise sur un jazz plus électrique, tendance fusion et groove ».
L’agenda permet de vérifier que les deux salles tournent en parallèle, avec des horaires décalés : 19 h 30 et 21 h 30 au Sunside, 20 h 30 au Sunset sur la plupart des soirs d’octobre 2026 (agenda). Le même agenda affiche, ce mois-là, plusieurs soirées en entrée libre qui se terminent par une jam, par exemple un hommage à Sonny Rollins avec David Sauzay suivi d’une jam le 19 octobre, ou une jam « Django Celebration » le 24. Le site renvoie aussi vers une troisième salle, le Studio Raspail, dont il ne donne pas l’adresse sur la page consultée.
À l’écoute de l’affiche, le jazz vocal y passe surtout par des hommages : Serge Gainsbourg le 17 octobre, Kate Bush le 29 avec le quartet de Claire Nouet.
Allez au Sunside pour l’acoustique, au Sunset pour le jazz électrique, et lisez bien quelle salle indique votre billet.
Le Baiser Salé : la maison du métissage et des jams vocales
Le Baiser Salé a été ouvert en café-concert par les Gibson’s Brothers, trois frères antillais connus pour le tube « Cuba ». Quelques mois plus tard, la programmatrice Maria Rodriguez passe d’un groupe par soir à une « programmation à la semaine », et à partir de janvier 1984 le club se donne pour ligne de « développer la musique métissée de création » (histoire sur le site du club). Parmi les artistes passés par la scène, la page cite Angélique Kidjo, Richard Bona, Monica Passos et Etienne Mbappé. Le site présente aussi « un bar qui ne dort pas » (le lieu).
Pour qui chante, c’est le club le plus intéressant des trois. L’agenda d’octobre 2026 affiche des « JamVocale / OpenMic » à 23 h le vendredi (animées par Thalie Bernard) et le samedi (Valentin Caillon et Raphael Berrien), en plus d’une « Jam du Dimanche » et d’une « Jam du Lundi ». Le 6 et le 7 novembre, un hommage à Al Jarreau mené par Roger Biwandu est annoncé avec cette formule : « chanter le jazz, la pop et le R&B avec la même évidence ».
Si vous préparez votre premier passage au micro, l’article jam session vocale à Paris détaille le déroulé d’une jam, et la rubrique chanter réunit les conseils de préparation.
Pour une jam vocale dans la rue, regardez d’abord l’agenda du Baiser Salé.
Adresses et repères pratiques
Toutes les adresses ci-dessous viennent des sites officiels des clubs, consultés le 15 octobre 2026. Les horaires changent selon les concerts : consultez toujours la programmation officielle avant de vous déplacer.
| Club | Adresse | Contact affiché | Format | Jams (selon le site, octobre 2026) |
|---|---|---|---|---|
| Duc des Lombards | 42, rue des Lombards, 75001 Paris | 01 42 33 22 88 | Une salle, deux séries à 19 h 30 et 22 h | Vendredi et samedi en fin de soirée, entrée libre |
| Sunset-Sunside | 60, rue des Lombards, Paris 1er | +33 (0)1 40 26 46 60 | Deux salles, Sunside (acoustique) et Sunset (électrique) | Certaines soirées, voir l’agenda |
| Le Baiser Salé | 58, rue des Lombards, 75001 Paris | voir la page contact du club | Concerts chaque soir, bar | JamVocale le vendredi et le samedi à 23 h, jams du dimanche et du lundi |
Le Duc indique les places restantes sur son agenda : son premier concert du 14 octobre 2026 y apparaissait « complet », le second en « dernières places ».
Réservez pour le Duc et le Sunset-Sunside, gardez la jam du Baiser Salé pour une fin de soirée.
Lequel choisir pour un premier soir ?
Mon avis tient à ce que vous cherchez. Pour écouter un chanteur ou une chanteuse dans de bonnes conditions, je conseille de commencer par le Duc des Lombards : salle d’écoute, horaires fixes, et un agenda qui annonce clairement « voix » dans les formations. Pour entendre la scène actuelle en acoustique, le Sunside aligne deux concerts par soir sur la plupart des dates d’octobre 2026. Pour monter sur scène, ou simplement voir comment se passe une jam vocale, le Baiser Salé est le seul des trois dont l’agenda affiche des jams explicitement vocales.
Cette rue n’est pas le seul quartier du jazz parisien : les caves de la rive gauche ont une autre histoire, racontée dans notre article sur les caves de jazz à Paris. Et si c’est la voix qui vous attire, la rubrique voix suit les chanteurs, d’hier et d’aujourd’hui.
Faites votre choix selon votre envie du soir : écouter, découvrir ou chanter.
L’essentiel
- Trois clubs actifs rue des Lombards : Duc des Lombards (42), Baiser Salé (58), Sunset-Sunside (60).
- Le Baiser Salé et le Sunset datent de 1983, le Duc des Lombards de 1984.
- Le Duc propose deux séries par soir dans une salle d’écoute.
- Le Sunset-Sunside a deux salles : acoustique en haut, électrique en bas.
- Le Baiser Salé affiche des jams vocales le vendredi et le samedi en octobre 2026.
- Vérifiez toujours l’agenda officiel avant de partir : horaires et affiches changent chaque semaine.
Cent mètres de pavés, trois portes, et de quoi remplir une semaine entière de jazz sans changer de rue.
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Claire
Claire, chanteuse amateur, fréquente les clubs de jazz parisiens et collectionne les enregistrements des standards.
